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Systèmes d’élevage

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Autonomie alimentaire des élevages bovins laitiers.

P. PACCARD (1), M. CAPITAIN (2), A. FARRUGGIA (1)

(1) Institut de l’Élevage, Theix, 63122 Saint-Genès-Champanelle

(2) Institut de l’Élevage, Actipole, 5 rue Hermann Frenkel, 69364 Lyon Cedex 07,

RESUME

Les éleveurs cherchent à améliorer l’autonomie alimentaire de leur élevage pour réduire les coûts de production et améliorer la qualité et la traçabilité de leurs produits. Cette étude a pour but de réaliser un état des lieux du degré d’autonomie actuel des élevages bovins laitiers français. Elle s’appuie sur les données de l’année 2000 des Réseaux d’Élevage bovins lait. L’autonomie est définie comme le complément de la dépendance (achats / consommation). La consommation est estimée par les niveaux d’ingestion pour la MS totale et par les besoins pour les UFL et les MAT. L’autonomie globale est de 86,2 % pour la MS, 82,2 % pour l’énergie et 71,4 % pour les matières protéiques. L’autonomie en concentrés est beaucoup plus faible : 32,1 % pour la MS, 33,9 % pour l’énergie et seulement 20,3 % pour les MAT. Le système de production n’a pas d’effet sur l’autonomie en fourrages. Les systèmes en agriculture biologique ont des autonomies totales de 10 à 15 points supérieures aux autres et sont 2 à 2,5 fois plus autonomes en concentrés. Dans les systèmes conventionnels, les exploitations diversifiées avec de la viande à l’herbe sont plus autonomes que celles produisant du taurillon, surtout en protéines (79,0 % vs 64,8 %). Chez les spécialisés lait, les systèmes herbagers et ceux utilisant peu de maïs sont plus autonomes en matières protéiques des concentrés que les systèmes utilisant beaucoup de maïs (24 vs 9 %). Les différences entre systèmes sont expliquées pour l’essentiel par les variables caractérisant les exploitations, et en particulier celles liées au niveau d’intensification comme le chargement, la production par vache et le concentré par vache. L’influence de ces facteurs reste à préciser à l’intérieur de chaque système. Les bilans en minéraux calculés à l’échelle de l’exploitation sont en moyenne de + 53 kg N (hors fixation symbiotique), + 15 kg P2O5 et + 28 kg K2O par ha de SAU. Les systèmes biologiques ont des bilans azotés de - 5 à - 15 kg contre 50 à 60 kg pour leurs homologues conventionnels. Un écart d’environ 30 kg d’N sépare les systèmes diversifiés en viande à l’herbe de ceux produisant de la viande intensive et les spécialisés lait herbagers de ceux ayant beaucoup de maïs. Les bilans azotés sont liés négativement à l’autonomie protéique (totale et des concentrés) traduisant une logique de conduite où les achats d’engrais vont de pair avec les achats d’aliments. L’ajustement de la contribution du maïs ensilage et de manière générale une certaine désintensification devraient favoriser l’amélioration de l’autonomie alimentaire des élevages les plus intensifs.

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