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Pastoralisme

Pastoralisme | Ruminants (général) | Systèmes d’élevage

L’espace est fini ! Vive la sédentarisation ? Innovations et développement durable en question chez les pasteurs des zones cotonnières d’Afrique de l’ouest et du centre

DONGMO A.L. (1), DJAMEN P. (2), VALL E. (3), KOUSSOU M.O. (4), COULIBALY D. (5), LOSSOUARN J. (6)

(1) IRAD / PRASAC, Garoua, Cameroun, (2) SADEL, Garoua, Cameroun, (3) CIRDES / CIRAD, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso, (4) LRZV / PRASAC, Ndjamena, (5) IER, Sikasso, Mali, (6) AgroParisTech, SVS, UMR Sadapt, Paris, France

RESUME

De l’ouest au centre de l’Afrique soudano-sahélienne, l’intensification et la modernisation des systèmes de production promues par les services de l’élevage et de l’environnement n’ont pas immédiatement séduit les pasteurs. Les changements majeurs ne sont intervenus dans le pastoralisme qu’à partir des années 70-80, poussés d’abord par les grandes sécheresses qui ont décimé les cheptels et ensuite par l’afflux d’agriculteurs migrants sur des territoires à vocation pastorale. Des études emboîtées sur les systèmes pastoraux menées dans le cadre de quatre thèses de doctorat en cours à AgroParisTech et de deux projets (ARDESAC (Appui à la Recherche Régionale pour le Développement des Savanes d’Afrique Centrale) et DURAS (Promotion du Développement Durable dans les systèmes de Recherche Agricole du Sud)) exécutés au Cameroun, Tchad, Mali et Burkina Faso, relèvent les transformations en cours, en précisent les modalités et en dégagent les enjeux généraux nourris de spécificités locales. Dans cette zone, les pasteurs nomades se sont progressivement sédentarisés pour s’approprier des territoires à partir desquels ils organisent des transhumances stratégiques du bétail, et parfois une délocalisation d’une partie du troupeau vers des sites plus favorables. Ils ont adopté l’agriculture céréalière et font preuve d’innovation en utilisant la fumure animale, la main d’œuvre salariée et les herbicides, ce qui leur permet de diversifier les revenus et de suppléer à la décapitalisation du bétail souvent vécue comme un drame. Par contre, leurs systèmes d’élevage semblent toujours réduits à une posture de résistance. L’amenuisement des ressources pastorales qui fait suite à la saturation foncière et à un usage extra-élevage accru des biomasses, ne s’accompagne pas encore d’actions pour améliorer leur disponibilité et leur gestion. Plus préoccupés par la pérennité de leur cheptel, les éleveurs sont peu enclins à innover et à s’organiser en groupes et, exceptés ceux de la zone périurbaine, ne saisissent pas encore totalement l’opportunité du marché de la viande et du lait en forte expansion. Leur pleine intégration au projet de développement du territoire dépend des relations d’échanges (ressources, services, connaissances, intérêts) avec les autres acteurs du développement rural, qui sont à renforcer. Les enjeux de la transformation du pastoralisme sont donc d’ordre écologique, économique et social. La présente communication vise une analyse comparée des systèmes pastoraux d’Afrique de l’ouest où la tradition d’élevage est plus ancienne et portée par des producteurs mieux organisés pour intensifier la production, et ceux d’Afrique centrale où ces processus sont en voie d’émergence. Les systèmes d’élevage, les relations agriculture élevage et les filières des produits d’élevage sont étudiés pour comprendre les modalités des pratiques, les logiques d’acteurs et leurs impacts sur la durabilité des ressources naturelles, la rentabilité économique et l’équité sociale. Enfin, les perspectives sont dégagées pour accompagner le développement durable des systèmes pastoraux.

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