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Reproduction

Alimentation | Bovins laitiers | Reproduction

L’effet de la stratégie d’alimentation sur la reproduction des vaches laitières varie selon la race et les différentes phases du cycle de reproduction

CUTULLIC E. (1,2,3), DELABY L. (1,2), GALLARD Y. (4), DISENHAUS C. (1,2)

(1) INRA, UMR1080 Production du lait, 35590 St-Gilles, France

(2) Agrocampus-Ouest, UMR1080 Production du Lait, 35000 Rennes, France

(3) Haute Ecole Suisse d’Agronomie, 3052 Zollikofen, Suisse

(4) INRA, UE326 Domaine expérimental du Pin-au-Haras, 61310 Exmes, France

RESUME

L’ensemble des performances de reproduction se sont dégradées au cours des 30 dernières années, et ce dans de nombreux systèmes laitiers. L’objectif de notre étude est d’évaluer la reproduction de vaches laitières conduites en vêlages groupés d’hiver, soumises à deux stratégies d’alimentation, pour les deux races Holstein et Normande. L’étude des étapes successives du processus reproductif (cyclicité, chaleurs, fertilité) a été permise par la combinaison d’un dosage tri-hebdomadaire de la progestérone dans le lait, d’un suivi des chaleurs et de diagnostics de gestation. Sur 3 années, les conséquences d’un niveau d’apport alimentaire Haut ou Bas ont été évaluées sur l’ensemble des étapes. Le lot Haut a reçu une ration complète composée de 55 % d’ensilage de maïs, 15 % de luzerne déshydratée, 30 % de concentré en période hivernale et 4 kg de concentré durant la période de pâturage. Le lot Bas a été nourri sans concentré : 50 % d’ensilage d’herbe et 50 % de mi-fané en hiver, puis de l’herbe pâturée seule. Le lot Bas a produit moins de lait sur 44 semaines mais plus maigri après vêlage que le lot Haut (5207 vs 7457 kg, -1,28 vs -0,96 point d’état d’engraissement, P < 0,001). Les Normandes ont produit moins de lait et moins maigri que les Holstein. Le régime alimentaire n’a pas eu d’effet significatif sur la cyclicité, mais des effets notables sur les chaleurs dans les deux races et sur la fertilité en race Holstein. Dans le lot Bas, les ovulations ont été mieux détectées (74 vs 59 %, P < 0,001). En race Holstein, suite aux 1ère et 2e inséminations, les non-fécondations ou mortalités embryonnaires précoces ont été bien plus fréquentes dans le lot Bas que dans le lot Haut (52 vs 27 %, P < 0,001), mais les mortalités embryonnaires tardives ont été plus fréquentes dans le lot Haut (30 vs 9 %, P = 0,004). En fin de campagne, le taux de vaches gestantes n’a donc pas différé entre les deux stratégies alimentaires. Plus de Normandes ont été gestantes en fin de campagne (72 vs 54 %, P = 0,007), cette race ayant présenté moins d’anomalies de cyclicité et moins de mortalités embryonnaires tardives. Pour cette seule race, les vaches ont été gestantes plus rapidement dans le lot Bas que dans le lot Haut, du fait d’ovulations mieux détectées. En conclusion, une même stratégie d’alimentation peut avoir des effets bénéfiques à certaines étapes du cycle de reproduction, des effets négatifs à d’autres ; ces effets peuvent être marqués pour une race, sans réel impact pour une autre.

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