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  • La pratique agricole a-t-elle plus d’impact que la variabilité climatique sur le stockage du carbone en prairie pâturée ?

    KLUMPP K. (1), GUIX N. (2, 3), TALLEC T. (1), SOUSSANA J.-F. (1)

    (1) INRA UR 874 Ecosystème Prairial, Site de Crouël, 234 avenue du Brézet, F-63100 Clermont-Ferrand, France

    (2) Clermont Université, VetAgro Sup Campus agronomique de Clermont, UR AFOS 2008.03.100, F-63370 Lempdes, France

    (3) VetAgro Sup Campus agronomique de Clermont, UR AFOS 2008.03.100, F-63370 Lempdes, France

    RESUME- Dans le contexte actuel du changement climatique, la variabilité intra et interannuelle des précipitations peut conduire à une modification majeure de la production des prairies et de leur capacité à stocker le carbone. Comprendre comment la variabilité climatique affectera les mécanismes impliqués dans les échanges nets de CO2 (NEE) en prairie et pouvoir les anticiper, constituent des objectifs communs pour l’adaptation aux extrêmes climatiques et la lutte contre l’accroissement de l’effet de serre. Depuis 2002, les échanges de CO2 entre prairie pâturée et atmosphère sont mesurés en continu sur 2 parcelles de moyenne montagne, modérément intensive (1UGB/ha/an, fertilisation azotée, minérale, 2,81 ha) et extensive (0,5 UGB/ha/an, pas de fertilisation, 3,64 ha), du site ORE prairies permanentes de Laqueuille (Puy de Dôme). Ce dispositif offre la possibilité unique de pouvoir comparer les impacts d’années “sèches“ (2003 et 2005) et “normales“ en interaction avec les pratiques agricoles. Le bilan des sept années de mesures montre que les prairies pâturées représentent un puits net de carbone et que l’extensification a permis de stocker en moyenne plus de carbone dans la prairie que l’intensification. Il existe toutefois une forte variabilité de la NEE entre années et entre traitements. Les résultats indiquent qu’au cours des années présentant un été sec ou un hiver doux, la parcelle extensive stocke moins de carbone que la parcelle intensive. L’analyse approfondie des flux de photosynthèse brute (GPP) et de la respiration de l’écosystème (Reco) démontre que (i) la quantité et la répartition saisonnière des précipitations jouent un rôle majeur dans le stockage du carbone et que (ii) des sols de prairies soumises à une gestion modérément intensive, avec apport d’azote, présenteraient un potentiel de stockage de carbone plus élevé lors d’épisodes de sècheresse et/ou vague de chaleur. Cependant cette intensification peut aussi conduire à une émission de N2O nettement plus importante que celui d’un sol de prairie extensive, aggravant finalement le bilan de gaz à effet de serre.

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