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2415. Résilience animale

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Les métabolites du lait montrent un potentiel intéressant pour améliorer la résilience de la chèvre laitière

« ITHURBIDE M. (1), FASSIER T. (2), PIRES J. (3), FRIGGENS N.C. (4,5), RUPP R. (1) (1) GenPhySE, Université de Toulouse, INRAE, Castanet Tolosane, France (2) Domaine de Bourges, INRAE, Osmoy, France (3) UMR Herbivores, INRAE, Université Clermont Auvergne, Vetagro Sup, Saint-Genès-Champanelle, France (4) MoSAR, INRAE, AgroParisTech, Université Paris-Saclay, 75005 Paris, France (5) UMR PEGASE, INRAE, 35590 St Gilles, France

RESUME
La résilience est la capacité d’un animal à supporter et à se rétablir des perturbations environnementales de courte durée. Dans un contexte de perturbations climatiques croissantes, la sélection pour des animaux d’élevage plus résilients serait un moyen de limiter l’impact de ces perturbations sur la production et la santé des animaux. Ce travail est basé sur l’hypothèse que les différentes stratégies d’adaptation métabolique pour faire face à une courte période de sous-alimentation font partie des mécanismes de résilience héréditaires chez la chèvre laitière. Deux lignées divergentes de chèvres pour la longévité fonctionnelle (véritable longévité excluant l’abattage pour des raisons de productivité) ont été créées à INRAE : la lignée LGV+ (longévité fonctionnelle haute) et LGV- (longévité fonctionnelle basse). Nous avons montré que la lignée LGV+ avait une meilleure survie que la lignée LGV-. De plus la lignée LGV+ a un poids vif supérieur en début de première lactation et un ratio TB/TP (taux butyreux/taux protéique) inférieur, suggérant un lipomobilisation plus basse durant cette période. Enfin la lignée LGV+ a un score cellulaire inférieur pendant la première lactation. Par ailleurs, les deux lignées présentaient une production laitière équivalente. Ceci confirme la possibilité de sélectionner efficacement sur la longévité sans dégrader la production laitière, et suggère que la santé mammaire et la mobilisation des réserves corporelles sont impliquées dans les mécanismes héritables de la longévité. Une période de sous-alimentation de deux jours a été imposée à 138 de ces chèvres en début de première lactation. Nous avons dosé 13 métabolites du lait et une enzyme journalièrement avant, pendant et après ce challenge alimentaire : BOHB, Glucose, Urée, Glucose-6-Phosphate, Galactose, Isocitrate, Glutamate, NH2, Choline, Malate, Urate, Triacylglycérol, Cholestérol et lactate déshydrogénase. Une approche de modélisation a montré qu’il existait trois types de réponse métabolique au challenge. Une de ces réponses, caractérisée par une réponse métabolique globalement forte (forte variation des indicateurs de mobilisation et oxydation des acides gras, métabolisme du glucose), correspondait à des chèvres ayant présenté par la suite une moins grande longévité au sein de la ferme de INRAE. Ces trois groupes étaient cependant également constitués de chèvres des deux lignées, soulignant que même si la réponse métabolique à une restriction alimentaire semble impliquée dans la longévité, la longévité est un caractère complexe dépendant de nombreux déterminants génétiques et environnementaux. Ces résultats montrent le potentiel de plusieurs métabolites du lait (Glucose, Glucose-6-P, BOHB, Cholestérol, Malate et Galactose) pour le phénotypage en ferme de la résilience dans le but d’orienter les choix de sélection. »

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