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Qualifier la vivabilité des exploitations d’élevage de ruminants d’un point de vue du travail

COURNUT S. (1, 2, 3, 4), CHAUVAT S. (5)

(1) Clermont Université, VetAgro Sup, UMR1273, BP 10448, F-63000 Clermont-Ferrand, France

(2) INRA, UMR Métafort, F-63122 Saint-Genès-Champanelle, France

(3) AgroParisTech, UMR1273, BP 90054, F-63172 Aubière, France

(4) Cemagref, UMR1273, BP 50085, F-63172 Aubière, France

(5) Institut de l’Elevage, Supagro, F-34060 Montpellier cedex 1, France

RESUME

Évaluer la vivabilité des exploitations d’élevage est un enjeu important lorsqu’on s’interroge sur le renouvellement des éleveurs. Notre étude contribue à cette problématique en qualifiant du point de vue du travail, la vivabilité de 591 élevages herbivores à orientations productives variées (bovin lait et viande, ovin lait et viande, caprin) spécialisées ou mixtes. Les exploitations enquêtées, réparties dans toutes les régions de France, sont pour 44% des élevages mixtes (plusieurs ateliers). Nous avons mobilisé la méthode Bilan Travail qui quantifie par catégorie de main-d’oeuvre, les temps de travaux relatifs à la conduite des troupeaux et des surfaces. Cette méthode calcule une marge de manoeuvre en temps (appelée temps disponible calculé : TDC) des exploitants que nous utilisons comme indicateur de la vivabilité. Nous décrivons la variabilité de cette marge de manoeuvre et rendons compte grâce à une analyse multivariée des logiques de construction de celle-ci. Le TDC est, en moyenne par an et par personne, de 850 heures dans les exploitations avec un seul travailleur permanent et de 1100 heures dans les autres. Il est nettement plus déterminé par le travail d’astreinte (TA) correspondant aux tâches quotidiennes liées aux animaux (surveillance, alimentation, traite...) que par les chantiers saisonniers principalement liés aux surfaces (travaux de saison TS), même si c’est bien l’interaction de ces deux catégories qui le construit. Nous identifions cinq logiques de construction du TDC correspondant à des associations particulières entre orientation de production, taille de la structure, nombre de travailleurs permanents et présence d’un autre atelier. Ainsi on observe les marges de manoeuvre les plus favorables (1330 heures de TDC par personne) dans un groupe d’exploitations (n = 79) à dominante bovin allaitant de grande taille diversifiées en grandes cultures et gérées par au moins deux travailleurs. A l’inverse, les conditions les plus défavorables (630 heures de TDC par personne) s’observent dans un groupe d’exploitations (n = 144) laitières spécialisées de taille réduite conduites par un seul travailleur aidé par un parent bénévole. Nos résultats montrent que les orientations de production structurent fortement l’organisation du travail dans les exploitations d’élevage mais que d’autres éléments entrent en ligne de compte. Ainsi les équilibres trouvés et conduisant à des marges de manoeuvre en temps contrastées, résultent d’interactions complexes entre dimension et combinaison des activités et configuration du collectif de travail.

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