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2418. Synergies et concurrences sur les ressources

Bovins à viande | Elevage biologique | Synergies et concurrences sur les ressources | territoire

Produire de la viande bovine bio avec le troupeau allaitant : les atouts d’une relocalisation de la production

« KENTZEL M. (1), LEGRAND I. (1), CHAMBAUD H. (1), MONNIOT C. (1), SEPCHAT B. (2), BUTEAU A. (3), VALLAS M. (4), GLANDIERES A. (5) (1) IDELE, Institut de l’Elevage, 75012 Paris (2) INRAE, Herbipôle, Theix, 63122 Saint Genès Champanelle (3) ARVALIS – Fermes Expérimentale des Bordes, 36120 Jeu-les-Bois (4) POLE BIO MASSIF CENTRAL, Campus agronomique de Clermont, 63370 Lempdes (5) CHAMBRE REGIONALE D’AGRICULTURE d’OCCITANIE, 31320 Auzeville-Tolosane

RESUME
En France, 58% des mâles nés dans un élevage de bovins allaitants en Agriculture Biologique (AB) sont vendus maigres vers le conventionnel et échappent aux circuits locaux de valorisation de viande AB. Pourtant, les récentes législations encouragent les viandes et poissons durables à hauteur de 60% dans les assiettes de la Restauration Collective (RC), en particulier pour les cantines gérées par les collectivités et l’état. Le projet PROVERBIAL a analysé la faisabilité d’itinéraires techniques alternatifs à la production de broutards pour proposer aux éleveurs de produire la viande bovine AB dont la RC a besoin. Les essais de production menés sur 12 sites localisés dans 4 contextes d’élevage allaitants français, ont permis de référencer la multi-performance technique, économique, sociale et environnementale de plusieurs modèles zootechniques AB en cycle court. Ils permettent de valoriser en viande bovine et de façon innovante les mâles allaitants produits sous contraintes naturelles. Entre veau et bœuf, le produit Bouvibio est un jeune bovin mâle de race allaitante élevé majoritairement à l’herbe dans le respect du cahier des charges AB, âgé de 8 à 14 mois, produit et commercialisé localement pour la RC. Les carcasses produites, certes de qualité variable, sont assez bien conformées et ont des poids allant de180 à 280 kgc. Les mensurations des muscles de Bouvibio sont bien adaptées aux contraintes de la RC pour le prix et l’épaisseur des portions. Les tests sensoriels mis en œuvre auprès de consommateurs ont enrichi le peu d’informations qualitatives jusque-là disponible sur ce type de viande maigre et de couleur claire, 2 facteurs qui sont apparus non rédhibitoires lors des dégustations. Différentes viandes grillées ou mijotées de Bouvibio dégustées lors de 4 tests auprès de 818 consommateurs de RC ont obtenu de bons retours : elles ont souvent été qualifiées de tendres et fondantes malgré leur léger manque de gras et sont autant susceptibles de satisfaire les convives que des viandes haut de gamme. La production locale, qui respecte le bien-être animal et la rémunération des éleveurs, répond par ailleurs à d’autres attentes fortes exprimées par les consommateurs. Par exemple en région AuRA, un scénario de la relocalisation de la finition de tous ses bovins mâles nés AB mobiliserait 500 ha de surfaces AB supplémentaires et permettrait d’augmenter la production de viande bovine AB de 25%. Par rapport à la situation actuelle, cette production relocalisée aurait un impact positif sur l’environnement et le climat : économie de ressources naturelles et énergétiques, bénéfices pour l’eau et les écosystèmes, diminution de 35% des émissions de GES pour élever un veau mâle de la naissance à l’assiette. Le potentiel de production calculé de 1 700 Tec couvrirait la moitié des besoins de la restauration scolaire de la région et permettrait de remplir les objectifs de la loi EGALIM. »

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