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Bovins laitiers | Environnement

Analyse environnementale multicritères et voies d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre (GES) des systèmes d’exploitation bovins lait

BEGUIN E. (1), LORINQUER E. (2), PAVIE J.(3), FERRAND M. (4), Réseau d’Elevage Bovin lait de Normandie (5)
(1) Institut de l’Elevage (Idèle), département Actions Régionales, 19 bis rue Alexandre Dumas, 80096 Amiens cedex 3, France
(2) Idèle, département Techniques d’Elevage et Qualité des produits, Monvoisin – BP 85225, 35652 Le Rheu, France
(3) Idèle, département Actions Régionales, 6 rue des Roquemonts, 14053 Caen Cedex
(4) Idèle, Service biométrie, 149 rue de Bercy, 75595 Paris Cedex 12, France
(5) Chambre d’Agriculture de Normandie : V. SIMONIN (CA50), T. JEULIN (CA61), C. GARNIER (CA27 et 76), L. FOS,
P. FERRE (CA14)

RESUME
Une analyse environnementale multicritères (AEMC), selon une méthodologie d’Analyse de Cycle de Vie (ACV) a été réalisée sur près de 200 exploitations bovins lait représentatives des exploitations du territoire national. Des critères d’impacts (le changement climatique, l’acidification, l’eutrophisation, la consommation d’énergie fossile, l’occupation des sols) ont été calculés ainsi que des critères favorables à l’environnement tels que le stockage de carbone dans les sols et le potentiel de biodiversité. Une analyse typologique environnementale basée sur cinq de ces critères (changement climatique, stockage carbone, acidification, consommation d’énergie, eutrophisation) aboutis à l’agrégation des exploitations en six classes. Trois classes regroupent des exploitations intensives de plaine nettement discriminées entre elles par leurs performances environnementales et par l’efficience d’utilisation de leurs intrants. La classe la plus performante économiquement obtient aussi les meilleures performances environnementales sur 4 des 5 critères étudiés. Les empreintes nettes pour ces trois classes varient de 0,93 à 1,30 kg eq. CO2/l de lait produit. Les trois autres classes regroupent des exploitations plus herbagères et majoritairement localisées en montagne. Ces exploitations moins productives que les autres se différencient nettement entre elles sur le lait par vache en lien avec le choix de l’unité d’expression des critères (litre de lait). Le stockage du carbone dans les sols y est très important en raison de la forte part de prairies permanentes ce qui permet une bonne compensation des émissions brutes de GES (de 27 à 58%). Les émissions nettes de GES y varient de 0,64 à 0,89 kg eq. CO2/l de lait. Pour aller plus loin, une quinzaine de simulations avec mise en place de leviers d’actions ont été réalisées sur des systèmes laitiers types de plaine afin d’évaluer leurs effets sur les résultats économiques et environnementaux. Les leviers d’actions s’articulent en 2 niveaux : avec optimisation technique du système en place (gestion des intrants, conduite de troupeau) ou avec des modifications plus poussées du fonctionnement des ateliers (évolutions du système fourrager, conversion à l’agriculture biologique, etc.). Globalement, les pistes d’optimisation s’avèrent intéressantes aussi bien au niveau environnemental qu’économique même si leurs impacts sur la réduction des GES sont très souvent limités (<5%). Les autres pistes testées peuvent être également intéressantes notamment celles visant à améliorer l’autonomie alimentaire de l’atelier via l’herbe pâturée et récoltée. Toutefois, les scénarios modifiant le poids des différentes productions : lait, viande, cultures sont délicats à évaluer à une échelle micro-économique.

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