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Concilier environnement et production

Bovins à viande | Bovins laitiers | Environnement | Modélisation

Modéliser le cheptel national français pour évaluer l’influence de choix techniques sur ses émissions de GES

PUILLET L. (1,2), AGABRIEL J. (3), PEYRAUD J.L. (2), FAVERDIN P. (2)
(1) INRA UMR MoSAR, 16 rue C. Bernard, 75231 Paris cedex 05
(2) INRA UMR PEGASE, Domaine de la Prise, 35590 Saint Gilles
(3) INRA UMRH, Theix, 63122 Saint-Genès-Champanelle

RESUME - Pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’élevage bovin, il existe plusieurs leviers d’action, dont l’intensification de la production animale par tête. A ce jour, l’efficacité de ces leviers n’a pas été analysée au niveau national, en considérant l’équilibre relatif entre les cheptels laitier et allaitant. Nous avons développé un modèle du cheptel bovin national qui simule les productions de lait et de viande et les émissions directes de GES en fonction des choix techniques liés aux races, à leur productivité et aux trajectoires de finition. Le modèle combine un module de simulation du fonctionnement du cheptel national et un module de simulation de sa démographie. Il prédit les effectifs de bovins dans chaque race sous contraintes de composition du cheptel national et de réalisation des objectifs de production sur la base des références françaises de 2010 pour le lait, les abattages et les exportations. Des scénarios d’intensification animale contrastés ont été simulés. Les résultats (en % de la référence 2010) montrent que l’augmentation de la productivité laitière de la race Prim’Holstein de 7500 à 11500 kg/vache/an permet une réduction des GES émis de 2,03%. Si cette augmentation est associée à une baisse de la productivité numérique (nombre de veaux par vache présente), la réduction des GES n’est plus que de 0,56%. Un cheptel laitier national composé uniquement de vaches de race Normande conduit à une légère augmentation des GES (0,99%). Cependant, si les veaux de race Normande, qui sont mieux conformés, sont finis en jeunes bovins plutôt qu’en veaux de boucherie, ce scénario conduit alors à une réduction de 4,01% des GES. Pour le cheptel allaitant, l’intensification via une augmentation des poids de carcasse et un raccourcissement des cycles de finition permet une légère réduction des GES de - 1,42%. Si ce scénario est associé à une forte mortalité des jeunes, il conduit alors à l’inverse à une augmentation des GES de 1,85%. Ces résultats montrent l’intérêt d’une approche globale pour apprécier les effets de choix techniques, comme l’intensification, sur les émissions et mieux évaluer les compromis entre production et environnement.

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