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Estimation de la quantité de matière sèche ingérée par les vaches laitières au pâturage en traite robotisée, utilisation de l’analyse des fèces en spectrométrie dans le proche infrarouge

LESSIRE F. (1), DUFRASNE I. (1), DECRUYENAERE V. (2)

(1) FARAH, Université de Liège, Chemin de la Ferme, 6, 4000 Liège, Belgique

(2) CRA-W, 8 rue de Liroux, 5030 Gembloux, Belgique

RESUME

Malgré l’intérêt nutritionnel et économique de l’herbe dans la ration des vaches laitières, le pâturage est de plus en plus délaissé en raison notamment de l’automatisation de la traite et de l’extension de la taille des troupeaux. Une des raisons invoquées par les éleveurs pour cet abandon est leur manque de confiance par rapport aux quantités d’herbe réellement ingérées par les animaux et la crainte que ces apports inconstants se traduisent par des fluctuations de production laitière tant qualitative que quantitative. Or Decruyenaere et al. (2009, 2012) ont développé une méthode d’estimation de la matière sèche volontairement ingérée (MSVI) par analyse des bouses par spectrométrie dans le proche infra-rouge. Cette méthode présente l’avantage d’être non invasive, facile à mettre en œuvre sur le terrain et peu onéreuse. Le but de cette étude était donc d’évaluer l’utilisation de cette méthode dans un troupeau de vaches laitières traites par un robot mobile en pâture. Le troupeau (n=53) était divisé en 2 groupes dont le niveau de complémentation journalière était différent. Lors de la traite, le groupe 1 (GR1) recevait en moyenne 2,6 kg de concentrés/vache alors que le groupe 2 (GR2) en recevait 4,2 kg/vache. L’objectif était de vérifier l’impact du niveau de complémentation sur les résultats obtenus. Des prélèvements de fèces ont été faits une fois par mois sur 10 vaches (5 vaches par groupe) pendant 4 mois. Les spectres d’absorption dans le proche infra-rouge (NIR) ont été confrontés à des étalonnages NIR permettant l’estimation de la MSVI exprimée soit par rapport au poids vif (MSVI1), soit par rapport au poids métabolique (MSVI2). Ces estimations d’ingestion ont permis le calcul de la matière sèche journalière ingérée par vache (MSI1 et MSI2). Par ailleurs, les mesures d’herbe à l’entrée et à la sortie des parcelles pâturées ont été relevées ainsi que la densité du couvert herbacé pour évaluer la quantité d’herbe disponible. A ces valeurs de biomasses disponibles ont été additionnées des quantités de concentrés distribuées lors du passage des animaux au robot. Les valeurs moyennes de matière sèche ingérée (kg/vache/jour) pour le GR1 étaient de 15,20 ± 2,60 kg MS par la MSI1 et de 16,99 ± 1,80 kg MS pour la MSI2. Pour le GR2, la MSI1moyenne était de 20,20 ± 4,95 kg MS et la MSI2 moyenne de 21,95 ± 3,36 kg MS. L’estimation de la ration disponible par vache (kg MS herbe + kg MS concentrés) était de 17,25 ± 0,73 kg MS pour le GR1 et de 18,69 ±0,83 kg MS pour le GR2. Les valeurs obtenues par l’analyse NIR sont donc compatibles avec les quantités d’herbe et de concentrés disponibles. Les valeurs estimées par les 2 méthodes étaient hautement corrélées entre elles à part en période de faible ingestion (<10 kgMS). En ce cas la MSI2 semble donner des résultats plus fiables. En conclusion, l’analyse NIR des bouses apparaît une technique intéressante pour l’estimation de la quantité d’herbe ingérée au pâturage.

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