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Conception de systèmes d’élevages caprins laitiers durables : transition agro-écologique du dispositif Patuchev

CAILLAT H. (1), BRUNETEAU E. (1), RANGER B. (1), FURSTOSS V. (1), GUILLET I. (2), PARAUD C. (3), HOSTE H. (4), EL KORSO R. (4), DELAGARDE R. (5), QUENON J. (1,6), BOSSIS N. (7), GUILLOUET P. (1)

(1) FERLus, INRA, Les Verrines, 86600 Lusignan, France

(2) ACTALIA, Avenue François Mitterrand BP49, 17700 Surgères, France

(3) ANSES, Laboratoire de Niort, 60 rue de Pied de Fond, 79000 Niort, France

(4) IHAP, INRA-ENVT, 23, Chemin des Capelles, 31076 Toulouse, France

(5) PEGASE, INRA Agrocampus Ouest, Domaine de la Prise, 35590 Saint-Gilles, France

(6) ENSAIA, 2 Avenue de la Forêt de Haye, 54505 Vandœuvre-lès-Nancy, France

(7) Institut de l’Elevage, CS 45002, 86550 Mignaloux Beauvoir, France

RESUME

Dans un contexte économique instable et avec des systèmes caprins laitiers en France ayant une autonomie alimentaire de seulement 56 %, l’utilisation accrue d’herbe permet de répondre directement aux exigences de durabilité des élevages caprins. Le dispositif Patuchev de l’Inra de Lusignan a été mis en place en 2013 pour concevoir et évaluer des systèmes d’élevages caprins durables, en appliquant les principes de l’agro-écologie. Jusqu’en 2013, la conduite du troupeau expérimental caprin était hors-sol avec une période de mise à la reproduction au mois d’août et une alimentation à base de concentrés et de paille. Une répartition en lots homogènes a été réalisée en 2011 afin de constituer les trois systèmes étudiés à Patuchev. Entre 2013 et 2015, deux changements ont été mis en place progressivement, l’un sur la conduite alimentaire (pâturage et/ou foin ventilé), l’autre sur la reproduction (deux périodes : avril et septembre). L’objet de notre étude est de réaliser un bilan de cette transition agro-écologique des systèmes en termes de conduite, de performances techniques et économiques. L’étude porte ainsi sur les campagnes laitières de 2011 à 2015 durant lesquelles les données d’ingestion, sanitaires et de performances laitières ont été enregistrées. L’implantation de prairies multi-espèces, le pâturage tournant rapide, le séchage du foin en grange ainsi que des traitements lumineux pour une conduite en contre-saison de la reproduction sont les principaux choix techniques mis en place. Malgré des prairies productives (9,3 T MS/ha en moyenne) et une bonne valeur alimentaire, le changement de système a entraîné une baisse de production laitière de 159 kg/chèvre/an en moyenne (- 19,4 %) mais relativement faible au regard des quantités de concentrés et déshydratés économisés (550 kg/chèvre/an, soit - 69,6 %). Le taux protéique est significativement plus élevé (+ 2,1 g/kg en moyenne, soit + 6,7 %), mais la production de matière utile annuelle reste en moyenne inférieure dans les systèmes Patuchev (- 8,8 kg/chèvre/an en moyenne, soit - 16 %). Pour le lot saisonné utilisant le pâturage, l’utilisation plus importante de fourrages dans la ration (76 %, dont 50 % ingéré au pâturage) a permis de réduire le coût du système alimentaire de 130 €/1000L (soit - 30 %). Sur le plan sanitaire, aucun problème majeur n’a pu être mis en évidence. Toutefois, on constate une infestation des chèvres des systèmes pâturants dès la première année (septembre 2013) par des strongles gastro-intestinaux. Le niveau annuel d’excrétion d’œufs par gramme de fécès des deux lots concernés reste faible et a été en moyenne de 198 et 230 OPG en 2014 et 2015, respectivement. Une valorisation plus importante d’herbe pâturée ou conservée dans les systèmes caprins laitiers permet, malgré une baisse de production laitière, de réduire considérablement la quantité de concentrés et le coût du système alimentaire, contribuant ainsi à répondre aux enjeux de durabilité de la filière caprine.

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